Master class : Jean-Philippe Fanfant – les rythmes Caribéens

 

Le 1er Juillet 2019 Jean-Philippe Fanfant nous fait l’honneur de donner une master class à Paris au studio bleu. 1h30 avec lui pour partager musique et expérience. Il aborde notamment son voyage de 4 ans autour du monde dans lequel il s’est imprégné des différentes cultures et en revient plein de rythmes à partager.

Il nous dévoile plusieurs rythmes de différents coins du monde qui sont répertoriés dans son livre « Les plus grands rythmes caribéens« . Si vous voulez sortir un peu des sentiers battus et partir à l’aventure avec des rythmes exotiques (mazurka, biguine, cha cha cha, boléro, cascara, songo, etc…) c’est typiquement le livre qu’il vous faut.

Voici un extrait du livre à télécharger : les plus grands rythmes caribeens – extrait – jean-philippe fanfant

 

 

Biographie :

  • originaire de Guadeloupe, il a maintenant 53 ans
  • issu d’une famille de musicien depuis 3 générations
  • Jean-Philippe commence la batterie à 15 ans
  • joue sur différents styles musicales : variétés française, jazz, musique antillaise
  • batteur officiel de la Nouvelle Star puis de The Voice plus récemment
  • il a accompagné entre autre : Julien Clerc, Laurent Voulzy, Mario Canonge, Christophe Maé…
  • participe à l’enregistrement de plus de 400 albums
  • endorsé chez DW, Sabian, Remo, Vic Firth, Roland, Meinl
  • auteur de 2 méthodes de batterie : 

 

La master class :

Il commence par une musique de Mario Canonge (pianiste français du groupe « ultramarine ») pour s’échauffer.

Il joue puis explique le rythme Mazurka avec ses deux mouvements :

  • 1er mouvement : piquet (rythmé et puissant)
  • 2ème mouvement : la nuit (doux et berçant)

En parlant des rythmes de Jamaique, il aborde le mento.

Il donne une astuce pour les rythmes de reggae; il faut se baser sur l’orgue et non sur le skent (la guitare).

Très polyvalent, Jean-Philippe aime tous les styles musicaux : jazz, métal, rock, pop, etc… et souligne l’importance d’aller voir différents styles et de les mélanger entre eux.

Il joue ensuite un solo sur lequel il s’amuse beaucoup :

 

Son jeu :

Il a une manière assez particulière de jouer…

Tout d’abord sa prise de baguette : il tient ses baguettes assez haut. Quand il prenait des cours son prof lui disait qu’il ne fallait pas tenir ses baguettes comme ça mais c’est sa manière de faire, et ça lui a plutôt bien réussi non ?

Ensuite lorsqu’il joue il se penche pour donner des pêches et il accompagne réellement la baguette jusqu’au bout, comme s’il ne faisait qu’un avec l’instrument. Je pense que c’est ça qui lui donne sa force de frappe et qui lui permet d’avoir des sons aussi percutants. Il dit d’ailleurs que ce n’est pas le gabarit qui compte mais plutôt le poignet. Il y a des batteurs tout fin qui jouent comme des brutes avec un son puissant…

A la base percussionniste, il se dit être un percussionniste « refoulé ». En effet il n’a pas une manière de jouer « normal » et il ne fait pas d’enchaînements ou descente sur les toms comme les batteurs traditionnels. Ses déplacements son plutôt saccadés et très rapides.

Il joue avec un kit assez simple. Ses toms sont petits pour que les sons ne résonnent pas trop et pour rappeler les sonorités caribéennes. Voir son set-up ici : http://www.jeanphilippefanfant.fr/set-up

 

Les rythmes caribéens de Jean-Philippe Fanfant :

Ce paragraphe est un extrait de la méthode de batterie Les plus grands rythmes Caribéens.

Enrichi de la démonstration des rythmes et des explications données lors de la masterclass.

La Caraïbe est un mélange de plusieurs influences : européennes, africaines et indiennes.

Beaucoup des rythmes traditionnels sont à la fois un chant et une danse. Ils expriment souvent des émotions fortes comme la révolte, l’espoir, la joie ou la tristesse.

Les rythmes doivent être dansant, donc une grande importance est attaché aux sensations. Les rythmes ne doivent pas être trop calculé, ça doit groover… en créole on dit « roulé ».

Dans son livre il propose une découverte des rythmes de différents pays : Trinidad et Tobago puis Martinique, Guadeloupe, Dominique, en passant par Puerto Rico, la République Dominicaine, Haïti, et enfin la Jamaïque et Cuba.

 

Trinidad et Tobago : Le Calypso

Trinidad est le pays du steel drum (vieux bidon de pétrole).

Le Calypso se joue souple et détendu avec un groove basique pour laisser place aux percussions.

rythme batterie calypso

rythme batterie calypso

rythme batterie calypso variante charley

rythme batterie calypso variante charley

rythme batterie calypso variante rim shot caisse claire

rythme batterie calypso variante rim shot caisse claire

rythme batterie caribéen calypso

rythme batterie caribéen calypso variante caisse claire rimshot

 

Guadeloupe

Biguine traditionnelle :

C’est un mélange de polyrythmie rurale d’origine africaine, et des musiques européenne.

Le style a évolué avec le rajout d’instruments tels que la clarinette, le trombone, le violon, le banjon et la batterie jazz.

La biguine se joue traditionnellement les mains croisées caisse claire main droite et tom basse main gauche.

biguine traditionnelle exercice

biguine traditionnelle exercice

 

rythme batterie biguine traditionnelle

rythme batterie biguine traditionnelle

 

Biguine Wabap :

Al Lirvat (tromboniste, compositeur) développe dans les années 50 une biguine comportant des harmonies jazz modernes.

Le mouvement se fait sur le charley et la caisse claire, plus léger sans le tom basse.

rythme batterie biguine wabap

rythme batterie biguine wabap

 

Le jeu en groupe :

Quand on est batteur on doit rassurer les autres musiciens.

Même si c’est tentant de jouer ce que l’on veut il dit s’imposer un cadre pour être en adéquation avec le groupe et la musique.

Les morceaux qu’il joue sont interprétés, c’est-à-dire qu’il connaît le morceau et lit la partition comme c’est noté. Mais il joue à sa manière, avec des coups plus ou moins forts sur les toms, avec telle crash plutôt qu’une autre… Et il s’autorise parfois quelques moments d’impro.

Il dit prendre des risques et assume ses ratages.

Le plus important pour lui c’est de y aller à fond. Il joue pour de vrai et s’il se plante c’est ok. On est humains et on fait tous des erreurs, le plus important c’est de les assumer et de passer à autre chose rapidement.

 

Les coulisses de The Voice :

Les répétitions sont assez intenses car en moins d’une semaine les musiciens doivent apprendre de nouvelles musiques pour le live du samedi.

Ça commence le mercredi avec une répétition des musiciens sous la direction d’Olivier Schultheis qui leur transmet les arrangements. Jeudi, vendredi et samedi il y a des répétitions avec costumes, lumières en condition réelle.

Sur scène il a le choix entre deux batteries différentes selon le répertoire et la voix de l’artiste :

  • une DW Collector bien rock
  • une DW Classis en peuplier et acajou

Le jeu sur plateau télévisé est particulier : « il faut le penser studio car les morceaux sont courts et on doit rester concentré sur l’interprétation. En fait, je dirai qu’il faut le prendre comme un enregistrement, mais avec l’énergie du live« .

Pour les répétitions Jean-Philippe est très sérieux, il s’imprègne de la musique lors de la première écoute et ensuite il surligne les passages importants (couplets, refrain) pour marquer les changements de structures. Les musiques sont souvent raccourcis et ne dure parfois que 2 min car c’est de la télé, il faut donc s’adapter et repenser la structure.

Le tempo est géré par Jean-Philippe, il suit le clic mais s’il sent que la musique doit accélérer alors il pousse un peu plus le tempo. C’est aussi lui qui donne le décompte, dans l’oreillette il entend 10,9,8…3,2,1,0 et commence son décompte à lui à 4 si la musique est en 4/4. Son job est aussi de rassurer les candidats pour qu’il donne le meilleur d’eux-même.

Sources :

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